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| 1. Quelles défis pour la politique des langues en Europe? |
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| Les langues jouent un rôle central dans l'intégration Européenne actuellement en cours. La façon dont l'Union Européenne et ses États Membres gèrent le multilinguisme, a de graves répercussions sur les individus, les États, et les relations internationales. La globalisation mondiale, l'UE et l'anglais modifie l'emploi des langues dans l'Union. Il est raisonnable de penser que toutes les langues européennes sont en passe de provincialisation. Ce livre dresse l'historique de la diversité linguistique en Europe, et explore comment le progrès de l'anglais impacte l'économie, la science, la culture, l'éducation et la politique. Il explique les politiques de multilinguisme (via translation et interprétation) dans les institutions de l'Union. Au fur et à mesure que l'Union s'étend à d'autres états, le défi posé par l'utilisation de nombreuses langues s'aggrave. En dépit des discours prônant l'égalité entre les langues officielles ou de travail, actuellement au nombre de vingt, le français jouit toujours d'un statut spécial au sein des institutions de l'Union, statut que l'anglais menace actuellement. Le sujet des droits linguistiques est tellement délicat, qu'on a tendance à l'abandonner aux forces du marché. Sont proposés dans ce livre, des critères permettant de conduire une politique des langues en Europe en maintenant une large diversité. Quarante-cinq recommandations y sont faites, concernant les infrastructures nationales et internationales, la réforme des institutions européennes, l'apprentissage des langues et les besoins de la recherche. L'égalité entre les locuteurs de langues différentes est essentielle si l'Europe veut se responsabiliser politiquement et démocratiquement. |
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| 2. Pourquoi les langues sont-elles si importantes? |
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| Les axiomes d'une politique des langues. |
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| 1. Le langage est le dépositaire de l'expérience humaine. 2. L'identification à une langue est centrale pour la vie culturelle. 3. L'intégration européenne se réalise au moyen du langage. 4. Les lois, les conventions, les négociations dépendent de la précision du langage. 5. De nombreux concepts ont des significations différentes dans langues différentes. 6. La plupart des personnes formulent mieux leur pensée dans leur langue maternelle. 7. Ceux qui s'expriment dans leur langue maternelle ont un avantage certain sur ceux qui ne s'expriment pas dans leur langue. 8. La croyance que l'anglais est une langue neutre est fausse. 9. La traduction et l'interprétation sont vitales, mais ne peuvent réussir que partiellement. 10. Toute forme de discours publique présuppose une communication juste et équitable. 11. L'idée qu'on a besoin d'UNE SEULE langue de communication en Europe est fausse. 12. Un multilinguisme véritable peut contrebalancer le déficit démocratique en Europe. 13. Une ‘société du savoir’ se construit sur la diversité linguistique. 14. Les systèmes éducatifs inculquent des formes préférentielles pour la langue écrite ou parlée. 15. La plupart des États du 19me et 20me siècle ont préconisé l'unilinguisme. 16. L'éducation, les affaires publiques ou privées s'effectuent très bien en plusieurs langues. 17. La plupart des personnes dans le monde sont capable de s'exprimer en plusieurs langues. 18. Certains droits linguistiques sont des droits de l'homme. 19. Les droits linguistiques sont importants, car langue et pouvoir vont de pair. 20. La globalisation et la technologie peuvent s'utiliser pour promouvoir ou éliminer des langues; 21. Les langues peuvent servir à la fois pour unir ou diviser. 22. Les différentes langues et cultures sont précieuses en elles-mêmes. 23. Les langues et l'attitude vis-à-vis des langues sont profondément personnelles. 24. Les espérantistes sont convaincus que l'espéranto pourrait servir à renforcer toutes les langues. |
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| 3. Comment le livre de Phillipson aborde-t-il ces questions? |
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| Le livre se compose de six chapitres: | |
| 1. Les risques des politiques du "laissez faire". 2. Les langues européennes: familles, nations, empires, états. 3. Tendances globales ayant un impact sur la politique linguistique européenne. 4. Les langues au sein des institutions de l'UE. 5. Vers une communication équitable. 6. Recommandations pour un plan d'action concernant la politique linguistique. |
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| Chaque chapitre est présenté par quelques citations courtes provocatrices qui soulèvent les questions clefs. La section finale du livre contient une partie des documents officiels principaux, des apostilles avec beaucoup d'information bibliographique, et d'un index. |
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| 4. Résumé par chapitre. |
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| a. Les risques des politiques du "laissez faire". |
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| Dans une introduction extensive, le livre pose la question de savoir si l'utilisation accrue de l'anglais sert à unir ou diviser l'Europe. Il cite des exemples de discrimination, et des dispositions que plusieurs gouvernements européens ont adoptées pour consolider leurs langues. Il fait référence aux données de l'Eurobaromètre sur la compétence dans la langue maternelle et les langues étrangères, rend compte des mesures pour renforcer l'apprentissage des langues, et analyse les défis et les forces en présence. Il explique et donne des exemples venant de partout. Il conclut par des exemples de quand les politiques linguistiques sont mentionnées dans la presse. Typiquement, cela survient lors d'une crise politique, quand un gouvernement pressent que sa langue souffre de discrimination. Malheureusement, la couverture journalistique des principes qui sous-tendent les politiques linguistiques européennes sont souvent inexactes. Ce chapitre défend l'idée qu'une politique linguistique plus volontariste, plus explicite, est nécessaire. |
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| b. Les langues européennes: familles, nations, empires, états. |
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| Le mythe de la tour de Babel est analysé. Le concept ‘bread’ (pain) est exploré de façon à montrer comment les langues diffèrent à la fois en forme et en signification. L'origine de l'Europe, comme concept géographique et politique, est retracée jusqu'à l'indo-européen, le finno-ougrien, et d'autres langues. L'héritage commun du christianisme, latin et grec, est présenté, ce qui conduit à analyser les similitudes et différences entre l'usage de l'anglais et du latin autrefois. Le nationalisme contient une dimension linguistique, souvent liée à une idéologie de supériorité linguistique, une idée souvent associée au français. Mais privilégier une langue, comme ce fut le cas pour le serbo-croate en ex-Yougoslavie, ne garantit pas l'harmonisation politique, et il y a des risques dans la façon où l'anglais se propage. L'identité linguistique est une force considérable. Des identités linguistiques supranationales sont en train de prendre forme. Quand l'UE fut fondée, un des motifs principaux d'intégration des économies était d'éviter la résurgence d'une guerre. L'égalité entre les langues des États membres, initialement le néerlandais, le français, l'allemand et l'italien, fut établie Cela signifie que le droit européen est promulgué en toute légitimité, dans toutes les langues officielles. Que ces textes aient la même signification dans toutes les cultures est un fait discutable, en raison d'une perception du monde différente dans chaque pays, avec son système juridique et ses traditions propres. Ainsi, ‘l'État de Droit’ fait partie de notre expérience culturelle européenne, mais le terme est interprété différemment selon les contextes. |
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| c. Tendances globales ayant un impact sur la politique linguistique européenne. |
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| Le multilinguisme s'étend de plus en plus, notamment grâce à ce qu'un nombre croissant d'européens utilisent activement l'anglais comme langue étrangère. Les facteurs qui ont contribué à une utilisation accrue de l'anglais, ou à une inertie dans l'adoption d'une politique linguistique, sont analysés dans un tableau de 15 entrées, dont 10 sont des critères structurels et cinq idéologiques ou comportementaux. Certains facteurs sont liés à l'offre (investissements de la part d'anglo-américains), d'autres à la demande (investissements pour l'apprentissage de l'anglais dans les écoles). L'expérience concernant la politique linguistique du Canada, de l'Australie et de l'Afrique du Sud, est utilisée, pour montrer que la gestion du multilinguisme est profitable quand les objectifs sont bien explicités. Le chapitre se divise en quatre sous-sections: le commerce, la science, la culture et l'éducation, avec moult exemples des processus en cours pour chacune, et une analyse des conséquences à craindre quand un des domaines traditionnellement occupé par des langues nationales (Finnois, Allemand et Suédois par exemple) sont conquis par l'anglais . Les initiatives clefs de l'UE pour renforcer la connaissance des langues, particulièrement dans l'enseignement général, sont exposées. Ces dispositions sont la charnière entre les recommandations élaborées et acceptées au niveau supranational et leur mise en place selon les objectifs et stratégies au niveau national. |
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| d. Les langues au sein des institutions de l'UE. |
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| Ce chapitre traite en détail comment les services de traductions des institutions européennes sont organisés, et à quels coûts. Il explique aussi comment fonctionnent les services d'interprétation, et analyse les concepts de langue officielle et de langue de travail. Il cite la Règle 1, la ‘Charte de Langues’ de l'UE. Il reprend certaines études expérimentales sur l'usage des langues et les comportements à leur adresse. Il analyse de nombreux problèmes causes d'inefficience, explique comment l'anglais remplit maintes fonctions que le français remplissait jadis, et considère les alternatives envisageables à la hiérarchie actuelles des langues. Le système le plus complexe au monde de traduction et d'interprétation a été élaboré durant le demi-siècle passé, avec ces services comme fer de lance de la politique du multilinguisme et des développements technologiques en langues. Cependant, le système actuel souffre d'insuffisances et subit des pressions pour réduire ses coûts. Il est important de bien distinguer les besoins d'une part de ceux qui travaillent pour l'UE, les parlementaires, et d'autre part le citoyen et la législation. Le système n'a jamais fait l'objet d'un audit général. |
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| e. Vers une communication équitable. |
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| Comme base d'une politique linguistique plus volontariste, ce chapitre résume les données factuelles de l'étude et les expériences de plusieurs pays. Il identifie les objectifs poursuivis par les politiques linguistiques, et les nombreuses variables qui impactent de façon probante, la politique linguistique. Il tire des parallèles entre économie et langage et relie ceux-ci aux investissements consentis pour l'apprentissage des langues, et au rôle de l'industrie de l'enseignement de l'anglais britannique. Il explique quels droits linguistiques sont considérés droits de l'homme, en s'inspirant du travail de l'OSCE, du Conseil de l'Europe et des NU, en défendant les droits des langues minoritaires. Il résume un certain nombre de procès plaidés à la Cour de Justice Européenne sur la question des langues. Ces procès on permit de clarifier dans quels cas le multilinguisme absolu n'est pas requis dans le fonctionnement d'une institution de l'Union, et les exigences des États membres demandant que des produits soient décrits dans une langue particulière. Plusieurs dimensions de la politique linguistique sont rassemblées et mettent en compétition deux conceptualisations du monde moderne, le paradigme de la Diffusion de l'anglais et celui de l'Écologie des Langues. Un des aspects de cette problématique traite de savoir si l'anglais fonctionne actuellement comme ‘lingua franca’ et de ce fait n'obéit plus aux normes de ses locuteurs natifs. Une analyse d'une interview de la BBC montre comment la communication entre un locuteur nativement anglophone et un non-natif, peut être asymétrique et foncièrement inéquitable. Un moyen d'insuffler plus de justice dans les affaires internationales, est d'utiliser un langage neutre. L'espéranto, par exemple, est une langue vivante pour ceux qui ont choisi de l'apprendre et utiliser, et pourrait contribuer à réaliser les objectifs de multilinguisme que l'Europe embrasse, et renforcer l'égalité entre des locuteurs de langues différentes, tout en faisant des économies. |
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| f. Recommandations pour un plan d'action concernant la politique linguistique. |
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| Le chapitre final insiste sur le fait qu'une politique linguistique de l'Union doit être basée sur des réalités sociolinguistiques, en matière de coûts, en faisabilité et en efficience, et en volonté politique. Il esquisse les scénarios les plus pessimistes et les plus optimistes, et plaide pour que les États membres et l'Union prennent la problématique des langues beaucoup plus au sérieux, en ces temps de bouleversements historiques. Quarante-cinq recommandations spécifiques sont proposées pour atteindre l'objectif, groupées comme suit sous quatre rubriques: Infrastructure des politiques nationales et supranationales, Institutions de l'Union, Enseignement et apprentissage des langues, et Recherche. Ces propositions concrètes rassemblent la plupart des arguments de ce livre en un plan cohérent pour faire avancer la politique linguistique en connaissance de cause. Il y a des intérêts nationaux et globaux en jeu. Un centre de commandement de la politique linguistique est nécessaire. Une politique volontariste des langues peut éviter une Europe totalement anglo-américaine. |
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| 5. Ces mentions apparaissent sur la couverture. |
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| La globalisation et l'élargissement de l'UE signifie que les langues de toute l'Europe se trouvent plus qu'auparavant confrontées les unes des autres. Ce livre clairvoyant fait un rapide tour d'horizon des questions politiques, culturelles et économiques que nous allons tous rencontrer, et j'espère que les décideurs en tiendront compte dans leurs choix de politique linguistique. Neil Kinnock, Vice-Président de la Commission européenne. Un livre important et venant à propos, contenant une profusion d'idées précieuses et de grande portée sur les réalités de terrain concernant la politique linguistique en Europe. Le libre est attrayant et plaira à de nombreux lecteurs. Joseph Lo Bianco, Directeur, Language Australia: The National Languages and Literacy Institute of Australia. Une lecture absolument requise, si nous voulons prévenir la catastrophe linguistique dans une Europe qui s'anglicise rapidement. Dafydd ap Fergus, Secrétaire Général de l'Union Européenne de'Espéranto. |
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| 6. Au sujet de l'auteur | |
| Robert Phillipson est Professeur à l'École de commerce de Copenhague, Copenhagen Business School. Plusieurs de ses publications sont à lire (download) sur www.cbs.sk/staff/phillipson. |
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| 7. Références. |
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| English-only Europe? Hardback: 0-415-28806-1: £50; paperback: 0-415-28807-X: £14.99 Routledge customer hotline: 44 1264 343071 email: book.orders@routledge.co.uk www.routledge.com |
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| Ce livre a été traduit en Espéranto par István Ertl: Ĉu nur-angla Eŭropo? Defio al lingva politiko. Rotterdam: Universala Esperanto-Associo www.uea.org <libroservo@co.uea.org> |
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■Permettre l'impossible |
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